3D : La BD

                                                                        La BD en relief
                                                                       Lunettes rouges et bleues recommandées 
                                                                                                                                 (3D partie 2)

 


Encore une bonne excuse pour utiliser mes nouvelles lunettes (rouge et bleue).






La 3D anaglyphe et la stéréographie sont des techniques peu coûteuses. 


Pendant des décennies elles sont  utilisées pour des images documentaires, publicitaires, ou pour des cartes postales.













Dans les années 50, le cinéma tente une expérience pour se démarquer de sa nouvelle ennemie, la télévision, qui entre dans les foyers.


Hollywood surfe sur la vague 3D, et de nombreux films sont  produits pour être regardés avec des lunettes spéciales, grises(polarisation) ou rouges et bleues.(anaglyphe).



 Joe Kubert (1926- 2012) est un des grands dessinateur de l’âge d’Argent des comics.


Il  commence sa carrière très jeune, à 15 ans il est déjà encreur à 5 $ la planche.


Il accomplit son service militaire tout en  continuant à dessiner pour son éditeur.

Alors stationné en Allemagne,  il y découvre la 3D anaglyphe et voit immédiatement les possibilités qui s’ouvrent pour les comics.

Il soumet son projet au jeune éditeur Archer St. John, il a déjà des personnages dont le préhistorique Tor, et des idées de scénarios.


Joe embarque son ami d’enfance Norman Maurer dans l’aventure.

Il faut s’attaquer au problème technique, ils s’inspirent de l’animation en travaillant avec des feuilles d’acétate superposées., 

Pour le lancement, Archer St.John  choisit un personnage déjà connu et 

aimé :

Mighty Mouse.

C’est le triomphe, les 1.250.000 exemplaires s’arrachent, malgré le prix porté de 10 à 25 cents. 





Le musculeux Tor  et les facétieux   » trois stooges  »  (inspirés des aventures burlesques  d’une troupe de comiques célèbre à l’époque) suivent.


Joe et Norman veulent de la qualité, les dessins riches en détails ont jusqu’à six niveaux de profondeur.


 St.John multiple les parutions, désormais, hommes de la préhistoire, amants passionnés, vaillants pilotes,  fringants Cow-boys et Créatures terrifiantes jailliront  des pages de leurs propres magazines entièrement en 3D. .


Une compagnie est créée, un brevet  déposé, sous le nom de 3-D Illustereo, mais ce n’est pas ce qui va arrêter les éditeurs de la  concurrence.

Il y a du procès dans l’air.

Superman en 3D est tiré à un million d’exemplaires.

Batman et Robin ne sont pas en reste.







Quand le  jeune libraire Danny Davis se voit confier un livre qu’il ne devra jamais vendre, il ignore qu’il entre dans la grande aventure.

Il chausse de curieuses lunettes et voit surgir un super héros  : Captain 3-D créé par Jack Kirby.

A tes lunettes !

Captain 3D hante le Web sur le Digitalcomicmuseum

restauré par LR Fischer.











 

 



Les héros déferlent : Sheena la reine de la jungle, Charlie Chan le detective Chinois, pour de fascinantes histoires d’amours ou de guerre, séries noires, récits de gangsters, (certains de ces comics sont republiés, aujourd’hui, en E.books chez Amazon).

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Le marché est rapidement saturé de fascicules à lunettes, la qualité s’en ressent.

Le plus important reste tout de même l’histoire.,
Les lecteurs ne s’y trompent pas.

Tout comme pour le cinéma, la BD 3D est une vague qui vient mourir sur la plage.

Archer St.John a tout misé dessus, investi, embauché, tout s’écroule.

Les autres éditeurs, plus prudents,  limitent les dégâts, mais il n’y aura pas de seconde aventure de Captain 3D.

Le site 3D filmarchive  est une mine pour qui s’intéresse au cinéma 3D.

Il travaille à la préservation de ce patrimoine et consacre une grande page aux comics 3D.
Elle est illustrée de nombreuses planches et couvertures  restaurées par leurs soins de cette glorieuse époque.





La 3D traverse l’Atlantique, le magazine français Hurrah livré avec une paire de lunettes orange et verte reproduit quelques pages de  » Little Eva « .

L’anaglyphe sera encore utilisé  pour des publicités, des jeux, des histoires courtes en  Bonus. 

Des petits coups de pub sympathiques.


Comme les vagues, les modes vont et reviennent, il en sera pareil de celle des comics 3D.


Elle est de retour dans les années 80.





Eclipse Comics remet Thor et Les trois Stooges au goût du jour.

 

 

 

 

 

 


Blackthorne Publishing tente l’aventure avec des réimpressions

et une variété de titres dont des adaptations de films.


De Sheena la reine de la jungle à Rambo en passant par Star Wars,  G.I.Joe et les Transformers.


Et même les  » Raisins de Californie « .

Ces personnages de pub, raisins secs chanteurs  » rhythm and blues « .

Eux aussi, ont droit à leurs magazines 3D (leurs dessins animés, et leurs tournées avec Mickaël Jackson).







Allez, pour ne pas mourir idiots.

À vous, les raisins secs !


 







1989, Blackthorne Publishing s’attaque à un gros morceau : l’adaptation 3D de Moonwalker de Mickaël Jackson.


Les droits sont énormes et le flop de l’adaptation précipite la faillite de l’éditeur.





Mickaël Jackson ne porte pas malheur à tout le monde.

En 1986, Disney lance une attraction pour ses parcs : Captain Eo.

Relief, musique, espaces infinis, une recette qui marche pendant une bonne dizaine d’années. 

Surtout quand il y a à l’affiche  : Mickaël Jackson, George Lucas et Francis Ford Coppola…des pointures !

Le comic book officiel reprend le récit en 30 pages et en anaglyphe..




 


En 2014, c’est sur le site ComiXology (mais aussi sur Amazon pour leurs liseuses) qu’on peut trouver :


Madman In Your Face 3D Special:

 

 

Les couleurs sont judicieusement choisies pour que l’ensemble ne paraisse pas trop sombre, et il y a de bons effets de profondeurs.


Le E.comic comprend deux versions.

Une pour l’anaglyphe (rouge et bleu) et l’autre en  » syde by syde  » (images côtes à cotes) pour être visionnée sur smartphone grâce à un Cardboard.

Les magazines Français utilisent l’anaglyphe pour des numéros spéciaux.

Comme Pif n°348
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Métal hurlant n°83 avec son dossier complet sur la 3D en 1983             

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Le magazine Spirou lance sa   » Spirouvision  » à partir du numéro 3058 (20 novembre 1996).



Des récits  en relief paraîtront chaque mois jusqu’au 31 décembre 1997.

La Spirouvision utilise le procédé Chromatech 3D  qui s’appuie sur l’ordre des couleurs.

Le rouge est au premier plan, et le violet en arrière.

Les images sont lisibles sans lunettes, mais il faut assumer la colorisation. 

La rédaction récidive en 2012 pour les abonnés fidèles, en plus du numéro 3854 ils reçoivent un fascicules en 3D avec un grands nombres de leurs personnages favoris.
En anaglyphe, cette fois.





Il y a aussi des expériences créatives. 




Jean Torton (Jeronaton), a  travaillé au  studio Hergé et au journal Tintin, côtoyant Jacques Martin, Bob de Moor, Edgar P. Jacobs et Roger Leloup. 

Dessinateur sur des décors de dessins animés chez Belvision, coloriste, illustrateur, précurseur de la BD peinte, il a déjà une riche carrière lorsqu’il découvre les images de synthèse et les logiciels 3D.

Il les utilise pour des reconstitutions de sites antiques.

Avec cette technique,  il dessine  » Princesse Maya  » La  » première BD en 3D et relief anaglyphe « .


Une oeuvre pour un  » public averti  » qu’il publie chez Albin Michel en 2003.


 



Une mention particulière pour le sympathique album, tout public,  en noir et blanc : 

 » Jim Curious. voyage au fond de l’océan « .
(2012 – éditions 2024)

Une histoire muette pleine de poésie aux images de style gravures.


Elle est réellement conçue pour la 3D par son auteur Matthias Picard.

 









Un coup d’œil sur une E.librairie me permet de découvrir  d’autres BDs en 3D avec lunettes collectors offertes.

Ce sont surtout des best-off, des extraits transformés,  d’albums déjà parus. 







Des  » Petits diables   » aux  » Blondes  » (Plus mieux que Avatar) en passant par  » Rahan  » (le fils des âges farouches) ou autres  » Rugbymen « .

(Et certains même en E.books consultables sur liseuses et tablettes.)

Je vais donc tester un album de la PSG academy.


Rien d’extraordinaire,  pas d’effets saisissants.

Les albums doivent rester lisibles par tous, avec ou sans lunettes, les couleurs rouges et bleues sont donc discrètes et les reliefs également.



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