Je suis !

 

La journée est magnifique, la soirée très belle.
Je vais m’étendre pour regarder une série en streaming sur mon ordinateur, j’entend la pétarade du feu d’artifice qui résonne dans toute le ville.
Quand je suis sur mon ordinateur, je m’arrête de temps en temps pour regarder les infos sur les sites de grands journaux.
Un gros titre me stupéfie, il se passe quelque chose de terrible sur ma  » Prom « , il y a des bléssés, on parle de morts.
A quelques kilomètres de chez moi.
Quelques minutes à vol d’oiseau, à peine plus en scooter.

 

C’était il y a juste un an…

 

Encore un attentat, encore beaucoup d’émotion.

Avec un pincement au cœur de plus : c’est chez moi.

Je connais cette ville, les images de la télé me montre des endroits que j’identifie facilement.
Des personnes de mon entreprise se trouvaient sur les lieux, parmi elles une famille a perdu son enfant.
Une autre a assisté de très près à la fusillade et à la panique des témoins.

 

Le tueur a également utilisé quasiment l’itinéraire que je prends tous les soirs à  cette même heure pour rentrer chez moi après le travail.

Voici la route qui mène à la ville.
Pour des raison de topographie, (collines et vallons) elle suit le bord de la mer.

 

 

 

Elle vient du département voisin, traverse un fleuve côtier : le Var,  et mène vers l’Italie.

Elle suit le grand aéroport et c’est là qu’elle devient la  » Promenade des Anglais  » longue de 6 kilomètres.

C’est une des grandes artères qui irriguent la ville.

Une belle et large route.

 

 

 

 

 

Deux fois trois voies, un terre plein central planté de palmiers, un très large trottoir avec une longue piste cyclable.

Il est agréable d’y flâner, on y trouve des vélos-taxis, des kiosques à journaux, des stands de ventes de bonbons, des jeunes y jouent de la musiques, des artistes exposent des dessins.
Il y a des bancs blancs et des chaises bleues pour s’y reposer.

Les camions de plus de 3,5 tonnes sont interdits de traverser, ils doivent passer par l’autoroute de contournement.
Sauf naturellement ceux qui desservent la ville (livraisons, travaux, déménagements.) et ils sont nombreux.

Les camions ne peuvent circuler les dimanches et jours fériés jusqu’à 22 heures.

Bien sûr, il y a des dérogations surtout pour ceux qui transportent des produits alimentaires.
Je peux donc en croiser sur la Prom, il y a des restaurants, des hôtels, des magasins.
Les livraisons sont faîtes hors des heures d’affluences.

Des  petits malins essaient certainement d’économiser le péage ou éviter un détour.

Il y a souvent des manifestations culturelles ou des feux d’artifices, une partie de la  » Prom  » est alors interdite à la circulation et piétonnisée.

Une partie seulement.

(Plan inspiré par la carte interactive du  New York Times,  elle est toujours consultable.)

 

Le parcours du tueur a été de 2 kilomètres.
Il est matérialisé par les flèches bleues.

Il entre par la bretelle d’accès Fabron non loin de l’hôpital Lanval (pour les enfants).

Il est vingt deux heures trente-deux minutes trente-trois secondes. (heures du rapport de police)

Tous feux éteints, il monte sur le trottoir pour y rouler à une vitesse qu’on évalue à 60 km/h, il va accélérer jusqu’à 90 km/h.

De nombreux riverains s’y promènent comme tous les soirs ou  viennent profiter du feu d’artifice sans  » descendre  » jusqu’au centre ville.
Moi même, en sortant du travail, Je me suis déjà arrêté à cet endroit pour regarder celui marquant la fin du Carnaval.

A vingt deux heures et trente-trois minutes, Christophe de la police municipale donne l’alerte, il tente de se lancer à sa poursuite.

Des passants tentent de fuir le conducteur qui manœuvre délibérément pour les heurter.

Il a fait ses premières victimes.
Ici les points rouges (selon la carte interactive du New-york times, publiée juste après les faits, elle est évidemment loin d’être  complète).

Des témoins, plagistes et restaurateurs, tentent de porter secours aux victimes, des gestes simples sauveront des vies.
Des serviettes et des nappes couvriront les corps de ceux pour qui il n’y a plus rien à faire.

Des restaurants, des hôtels ou des particuliers ouvrent leurs portes pour offrir un refuge aux personnes bouleversées.

Une partie de la  » Prom  » a été interdite aux véhicules pour l’occasion.
La circulation est barrée habituellement à la hauteur du boulevard Gambetta.
En général par une voiture de police et des plots. C’est la barre bleue sur la carte.

On voit qu’il a commencé à tuer bien avant, il a déjà fait au moins une trentaine de victime.

Le boulevard Gambetta permet une déviation à travers la ville, j’ai pris ce trajet à de nombreuses reprises.
On peut rejoindre une rue parallèle à la Prom ou remonter jusqu’à la gare SNCF et vers Nice-nord.

Il n’a aucune difficulté à passer, le trottoir est large, il peut foncer dans le tas.

Devant l’hôtel  » le  Négresco  » , il tire sur des policiers qui lui répondent et se lancent à sa poursuite. (point bleu)

A ce niveau il y a des kiosques et des ombrières, le tueur doit redescendre sur la chaussée.

De courageux témoins tentent d’intervenir.

Alexandre saute sur le marchepied du camion et tente d’ arrêter le tueur, il doit fuir menacé par son arme..
Franck le poursuit avec son scooter, et en désespoir de cause le jette sous les roues du lourd véhicule, il a heureusement survécu.
Gwenaël essaie d’intervenir à son tour, les policiers le prendront pour un complice et l’arrêteront un temps.

Leurs actions ont réussi à ralentir le tueur.

Trois gardiens de la paix, sont postés à l’angle de l’avenue de Verdun et de la promenade des Anglais.

Magalie, la policière  et   deux collègue dont un adjoint de sécurité.

Ils sont prévenus par un message radio et remontent la Prom en courant

Ils se retrouvent face au camion qui à ce moment est à l’arrêt devant le Palais de la Méditerranée (barre bleue et rouge).

Le camion a accompli son oeuvre de mort, heurté un lampadaire (que l’on voit abattu sur des photos), roulé sur le scooter de Franck,  son moteur cale.

Le tueur commence à tirer sur les policiers, il tente de même de changer de côté dans la cabine.

Les policiers répliquent, la scène filmée par un témoin est impressionnante.

Il est vingt deux heures trente-cinq minutes et quarante-sept secondes.

Tout a duré 4 minutes 17 secondes.

L’action  dans la zone piétonnisée 14 secondes.

14 secondes, c’est ce que j’ai pu compter moi-même, un soir en scooter.

 

Hommage spontané, des fleurs
Hommage spontané
Mémorial spontané – le kiosque à musique

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Mémorial spontané – intérieur du kiosque à musique.

 

Si le tueur a agi seul ce soir là, des complices ont été mis en examen.

Il aura fait 86 morts et plus de 400 blessés.

Visiteurs et Niçois de tout âge et de toutes origines.

 

 

Mémorial provisoire